LE TÉTRAS LYRE
A l’ouverture de notre Centre de Soins pour la Faune Sauvage en 2020, nous avons sollicité l’avis du public pour singulariser le nom de notre centre. En l’honneur du Galliforme emblématique de nos montagnes, il fut baptisé Le Tétras Libre.
C’est en ce début d’année 2026 que nous avons eu le premier accueil d’un Tétras Lyre, trouvé en détresse par un agent de l’OFB après avoir percuté le câble d’un télésiège.
Le mâle Tétras Lyre (Lyrurus tetrix) se reconnaît notamment à son plumage noir bleuté ainsi qu’à son caroncule rouge au-dessus de l’œil. Son nom musical s’est naturellement imposé par la forme de sa queue dont les rectrices courbées forment une jolie lyre. La femelle plus discrète pèse presque la moitié du poids d’un mâle et arbore un plumage brun marbré.
Les pattes emplumées des Tétras présentent au niveau de leurs doigts des écailles dites scutelles qui se prolongent en petites franges. Comme des raquettes naturelles, elles leur permettent de moins s’enfoncer dans la neige. Afin d’augmenter leur isolation thermique, les plumes sont toutes doublées d’une seconde plus duveteuse : c’est l’hyporachis.
Arrivé en état de choc, ce mâle de 1,4kg a été rapidement pris en charge par notre soigneuse Anouk accompagnée de Manon et Kelian, 2 ancien·nes services civiques. Malgré tous nos efforts, le Tétras Lyre est décédé 48h après son arrivée…
Cet événement nous rappelle la fragilité de certaines espèces très sensibles aux activités humaines, ici les sports d’hiver. Les aménagements d’infrastructures de ski et les activités hivernales en pleine nature causent d’importants dérangements pour ces oiseaux vulnérables au changement climatique et dont l’effectif est en nette chute.
A l’hiver, le Tétras Lyre a coutume de se confiner dans des petits igloos de neige où se maintient une température ambiante à peine positive. Un passage soudain en ski peut le surprendre et provoquer une fuite coûteuse en énergie à une saison où la nourriture se fait plus rare. La répétition de tels envols peut alors l’épuiser et grandement impacter ses chances de survie.
Pour concilier sports d’hiver et biodiversité, pensez à bien respecter les zones de tranquillité balisées en montagne ainsi qu’à limiter les sorties hors pistes/sentiers.




